09/02/2014

 
 
 
MARIE-LOUISE ROUILLÉ
clef de voûte d'une famille pourleth
 
 
 
La généalogie est une pratique recherchant l'origine et la filiation de personnes et de familles. On peut comprendre l'engouement de nos jours par le besoin de chercher son identité en remontant le temps. L'éclatement des familles et l'éloignement de son centre vital peuvent expliquer cela. Ainsi à l'aide de registres , de photos, de rencontres évoquant les souvenirs , on arrive à tisser son histoire.
 
C'est ainsi que nous recevons parfois des photos anciennes, dont celle d'un lecteur fidèle, ami de notre blog, et ses indications précieuses des personnes posant. Le cliché ci-dessous fut trouvé de la sorte, passé par le temps et quelque peu détérioré. Il pourrait dater de 1906.
 
 
Au centre de la photo prône et s'impose une femme en costume traditionnel pourleth
 
 
voici son histoire
... ou celle de nombreuses femmes de cette époque
 
Marie-Louise Gourin est née à Lanbihan (St Caradec)  le 09 juin 1862 probablement d'une famille de paysans. C'est l'époque du Second Empire et les préoccupations des bretons sont encore éloignées de la révolution industrielle se dessinant dans les agglomérations. Le chemin de fer tisse sa toile mais en Bretagne, ce ne sont encore que les grandes lignes. A la campagne , beaucoup ne parlent encore que le breton et dans notre région les préoccupations sont tout autres...l'environnement extérieur s'impose lentement...
 
Marie-Louise rencontra Joseph-Marie Rouillé, lui aussi fils de laboureur, son aîné de 3 ans. Ils se marièrent le 30 janvier 1885. Joseph dut connaître sa future épouse, en St Caradec, pays des 2 familles .
 
Les éléments en notre possession nous transportent à Persquen à une quinzaine de kilomètres de St Caradec. C'est dans ce bourg d'alors 1000 habitants (aujourd'hui 330 environ) que notre couple construira et passera sa vie commune.
Joseph est alors boulanger travaillant avec son épouse comme il était d'usage à l'époque. Sa connaissance du métier provient probablement du fait qu'on fabriquait son propre pain à la ferme.  
 
  
De leur union naîtront 9 enfants de 1886 à 1900 , dont 2 décéderont très jeunes. A l'époque, les familles nombreuses étaient courantes avec une mortalité enfantine encore importante qui sera enrayée par les progrès à venir de la médecine.
Nous pouvons imaginer la vie animée et grouillante de notre famille s'agrandissant sans cesse.
 
 
 Revenons à la photo ci-dessus maintenant éclaircie et nettoyée.
 
Avant de regarder cette photo probablement de 1906 et afin de la mieux comprendre,  nous nous devons de vous parler du drame touchant cette famille. Notre boulanger Joseph-Marie décède le 30 août 1900 mais nous n'en connaissons pas la cause. C'est un destin tragique pour ce père et cette famille . Marie-Louise se doit d'assurer seule la vie de ses enfants tous encore très jeunes .
Cette mère modèle à fort caractère continue l'activité sûrement aidée par l'aîné Joseph-Marie (même prénom que son père) âgée de 14 ans. On peut penser que ce garçon sortait juste de l'école rendue alors obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans par les lois Ferry.
 
 
Quatre années plus tard, la vie de cette famille a dû se stabiliser après ce malheur.
Les photographes ont maintenant boutiques dans les plus gros bourgs et sillonnent les campagnes à la demande.
Cette photo est émouvante . Toute la famille s'est dotée de son plus bel apparat en revêtant la tenue traditionnelle pourleth. C'est un grand moment  pour Marie-Louise comprenant l'importance d'éterniser cet instant en compagnie de tous ses enfants.
La famille pose dans une cour derrière une maison basse en toit de chaume, témoin des constructions du début du siècle.
Autour de leur mère, les enfants posent par ordre d'âge, de l'aîné à droite aux plus jeunes vers la gauche, le dernier étant assis auprès de sa maman.
 
Marie-Louise Rouillé, boulangère à Persquen entourée de Joseph 20ans, Marie Louise 19ans, Pierre Marie 17ans, Marie Herminie 14ans, Louis Marie 12ans, Marie-Julie 11ans, Jean Marie 6ans
 
 
 
 
Marie-Louise, femme courageuse, aura un autre chagrin, la perte de son fils aîné Joseph âgé de 48 ans et décédera 4 années plus tard en 1938 à 76 ans. Son dernier enfant Jean-Marie continua l'activité familiale de boulanger à Persquen
 
 
 
ENFANTS DE MARIE-LOUISE ROUILLÉ
 
 
JOSEPH-MARIE
1886 - 1934
mariage en 1911 avec MARGUERITE JAN
boulanger à Persquen
 
__________
 
MARIE-LOUISE
1887 - ?
mariage en 1910 avec MATHURIN LE BAIL
 
__________
 
PIERRE-MARIE
1889 - ?
pas d'autres indications
 
__________
 
JOSEPH-HENRY
1890 - 1891
 
__________
 
MARIE-HERMINIE
1892 - 1982
célibataire
 
__________
 
LOUIS-MARIE
1894 - 1953
ouvrier agricole en Beauce
 
__________
 
MARIE-JULIE
1895 -1959
mariage en 1923 avec JEAN-MARIE PHILIPPE (Ploërdut)
café-tabac
 
__________
 
JEAN-MARIE
1898 - 1898
 
__________
 
JEAN-MARIE
1900 - ?
 marié en 1923 avec LOUISE LE CROIZER (Locmalo)
boulanger à Persquen 
 
 
 
 
Marie-Julie et Jean-Marie Rouillé se marièrent le même jour en février 1923
 
 OUEST RÉPUBLICAIN
04-02-1923
 
 
O0O
 
Ainsi se termine notre histoire .
Marie-Louise fut sûrement fière de voir cette photo de ses petits enfants,
signes de continuité de la famille...  
 
photo 1935 environ
 Les adultes de gauche à droite Jean Marie Philippe, receveur buraliste à Ploërdut, et son épouse Julie Rouillé
puis Herminie Rouillé et Joseph Le Bail 
Les enfants du 2ème rang, Roger Philippe, Herminie Philippe et Roger Rouillé 
Les enfants du 1er rang Désiré Philippe, Denise Philippe et Louisette Philippe
 
 
oooo
 
 
Ces photos nous ont été communiquées
par Désiré Philippe de Ploërdut et la complicité de notre ami du blog.
Nous tenons à les remercier


3 commentaires:

  1. Ce reportage me plait et beaucoup d'émotion perçue grâce à cette magnifique photo même abimée et mes similitudes familiales.

    RépondreSupprimer
  2. Sympa de revoir mon oncle Jean et mes cousins.

    RépondreSupprimer
  3. Bravo d'avoir réuni ces photos qui m'émeuvent d'autant plus que je suis une fille Croizer de Persquen, et que la dite-boulangère de mon enfance était une cousine. On allait acheter le pain en bas du bourg chez la cousine!!!!

    RépondreSupprimer