22/06/2018




LE PUITS, UN CARREFOUR D'AMITIÉ...


Le journal des années 60 se prêta à un article amical sur notre pays Pourleth.
Hélène Le Roch et Bernard Le Nestour , habillés en costume, répondirent présents pour cette animation



Mais où se trouve donc ce puits ?


13/06/2018





1936 Gorsedd à Guémené
Les commerçants annonceurs du programme

Il y a 103 annonces de commerçants, certains doublant voire triplant la mise. Comme il a été précisé dans l’épisode précédent, notre exercice du jour tend à situer chacun des annonceurs dans les rues de la ville, centre et périphérie. Les documents dont nous disposons ne permettent pas d’illustrer toutes les boutiques ou pas de portes concernés. (cliquer sur l'image) 


Bien sûr, on peut entrer dans Guémené par de nombreuses voies. Dans un lointain épisode (voir blog *), nous avions opté pour le train donc une arrivée à la gare. Aujourd’hui, nous avons choisi de venir « à bicyclette », comme Bourvil mais 11 ans avant lui ; et plus précisément en tandem au temps des premiers congés payés. N’oublions pas, nous sommes en 1936, gouvernement de Léon Blum à la suite de la victoire législative du Front Populaire.

Fil conducteur : remonter Guémené depuis le Scorff jusqu’à l’hôpital, ceci pour une question de continuité plus évidente des illustrations. Le chemin étant tortueux et jalonné d’enseignes alléchantes, notre duo se permettra des pauses récréatives et nous demandons à nos lecteurs la plus grande indulgence. Mais, comme disait un Guémenois que je ne nommerais pas : " on sait c’que c’est, la soif ! "

D’emblée, notre choix nous place dans une situation singulière, vous l’admettrez, puisque nous commençons à… Terminus. Va donc pour Terminus où nous mettons pied à terre en vue de la première enseigne.
« Je dirais même plus, va donc pour Terminus ». Le voyage à peine engagé, voilà que plane sur nous l’ombre de deux fins limiers familiers des lecteurs de Tintin.
Allons-y gaiement et déroulons notre parchemin officiel. Et d’un ! Double par-dessus le marché !

Louis et Joseph Jaffré, carrosserie automobiles ; forge et charronnage ; tél 35.



Le temps d’ajuster nos chaussures de marche car on nous a promis des pavés, nous partons en chantant un air de circonstance :
 A Guémené sur les pavés,
la faridondaine,
A Guémené sur les pavés,
la faridondon !

1ère étape : tout au long du Scorff, la rue du Grand Moulin

Le chapeau bien calé, le programme à la main, nous prenons la route en amitié. Il suffit de passer le pont de Terminus et c’est tout de suite l’aventure. Le Scorff qui se la coule douce et glougloute gentiment indique la direction. Roule, ma poule ! Sur le flanc de la montagne des cloches, écrasés de soleil les moutons broutent indifférents à nos chansons. Nous saluons tout au loin le clocher de Crénénan au haut de sa colline boisée.
Ainsi cheminant, nous entrons dans « er Guémené » par la rue du Grand Moulin. Voici justement ledit moulin et, sur la droite, la chaussée qui enjambe la rivière et file à la rencontre de Kervair et des Pêcheries.

« Montre voir ton papyrus ! »
     
Mme Le Bail, repasseuse, rue du Grand Moulin, café, mercerie, quincaillerie.
   
Le Poher, menuiserie ameublement, rue du Grand Moulin ; transformation de meubles ; vente, échange ; meubles et escaliers ; literie en tous genres.
     
Audic Jean, forges et cycles ; spécialité de fabrication de marteaux de moulin, accessoires et réparations en tous genres, écrémeuses et barattes.
   
J Tromilin, boucherie moderne, rue du Grand Moulin.
    
« Hum ! Y’a les vaches, mais pas le boucher ! Hello ! Poor lonesome cow-boy ! » (Traduction : salut Luc Quiluc)


" Qu’est-ce qu’il a dit ? "
Il a dit : « Pas de chance ! Pour Madame Le Bail, vous repasserez ! Mais vous trouverez Poher un peu plus loin sur la droite dans son escalier, le rabot en mains. Bon pied, bon oeil. Son affaire tiendra au moins 100 ans, qu’il dit, foi de menuisier !
Pour Audic, voyez plus avant les lavandières ! Elles en connaissent un rayon question baratin et écrémage. Tromilin, c’est à l’amorce du virage, avant la montée, presque en face de la route du Palévart ! »
 


O0O

Une heure plus tard...
" Elles m’ont saoulé ces diseuses de bonne aventure. Je prendrais volontiers un remontant. Doit bien y avoir une adresse sympa dans le coin ? "


Eugène Hellec, transports, camionnage, route de Lignol ; tél 36.
« Rien contre le Picon à l’orange gentiane quinquina, encore moins contre le Byrrh recommandé aux familles, mais dans les effluves d’essence...
Vise plutôt, voilà une enseigne qui fleure bon. Rien qu’à l’odeur, j’ai comme le soupçon qu’on va entrer en Nirvana. »

Joseph Quidu, rue du Pont-Bihan ; charcuterie, casse-croûtes ; café ; garage pour voitures et bicyclettes.


« Pour moi, ça sera casse-croûte à l’andouille.
Je dirais même plus, casse-croûte à l’andouille avec bolée de cidre rasibus. »
Arrête Dupont Pondu ! On n’est pas là pour faire des bulles !
Si, si, des bulles ! Une bouteille de cidre bouché, s’il vous plaît ! »
Nous avons passé un bon moment chez Quidu, dorlotés par les patrons et bercés par l’alerte musique du Scorff.
Peut-être ne gardez-vous pas le souvenir de la maison, car la tribu s’établira bientôt place Loth. En tout cas, la renommée de l’andouille Quidu était d’ores et déjà acquise et elle n’est pas près de s’éteindre.
Pour situer les annonceurs que nous venons de citer, le mieux serait de survoler les lieux mais « comment s’y prendre quand on est dans l’eau ». On attendra l’éditeur Cim qui proposera vers 1950 une série intéressante de vues aériennes prises sous des angles différents. En voici des extraits qui montrent les maisons recherchées (bien entendu, le paysage urbain a partiellement changé depuis 1936).
   



O0O

2ème étape : l’ascension, contournement de la montagne des Cloches

Nous avons quitté la rivière. Maintenant, il nous faut grimper, grimper, grimper, sous le soleil ardent et sur les pavés. Heureusement, nous avons quitté sagement notre vélo chez Quidu, ce ne sera ni Paris-Roubaix ni le col du Tourmalet. L’objectif immédiat c’est Notre-Dame de la Garde, pardon, Notre-Dame de la Fosse, par la rue de la Psalette, vieille rue dont le nom évoque l’école de musique qui existait aux grandes heures de la collégiale du temps de Marie de Rohan.

Rue de la Psalette

Le programme signale à notre attention :
   
Maison Eon, boulangerie ; farine et son ; livraison à domicile.
Cette dynastie a fait l’objet d’un précédent reportage (voir blog *). Rien à dire de plus que n’indique la photo suivante qui en est tirée.


Intéressons-nous donc à l’autre côté de la rue, à droite en montant. Autrefois, c’est-à-dire au début du 20ème siècle, on rencontrait une enseigne Douaron comme le montre la prochaine carte.


Suit un débit de boisson repérable à la touffe de gui. En 1936, c’est peut-être le pas de porte indiqué ci-dessous :
   
G Le Puil, rue de la Psalette ; ancien entrepreneur en couvertures, café renommé pour son cidre du pays.
   
« Hum, je me sens comme une petite soif ! »
Dupompon est vraiment impossible. A ce rythme-là, nous n’atteindrons jamais la place Loth et encore moins la colonne Bisson.
Reprenant notre jeu de piste, nous sortons de notre musette une carte d’époque pour y voir clair où placer les activités annoncées.
   
Jean Le Goff, fabrique de galoches et de semelles en bois, chaussures ; rue de la psalette, en face chez Eon, boulanger.
    
Mlle Dinam, épicerie, spécialités de cafés, rue de la Psalette.
    
Eon-Robic, Hôtel du Scorff, place de l’Eglise ; cuisine du pays pourlette ; salle pour banquets, chambres ; tél 47.


Si, comme je le pense, les deux enseignes Eon-Robic visibles sur l’image ci-dessus délimitent bien une extension de l’Hôtel du Scorff, on n’a d’autre choix que de placer les deux boutiques comme il est indiqué.
Place de l’Eglise : l’Hôtel du Scorff

Pour le coup, on a bien mérité de la patrie et nous pouvons nous accorder une petite halte. Non pas que la nef de l’église nous emplisse d’une admiration béate ! Mais l’endroit se prête à la rêverie quand on tire les cartes anciennes, au temps des charrettes et des moutons, rue de la Caserne et ruelle Ha-ha.


Fi des moutons ! Le Café Pointu nous fixe une perspective qui apporte une première lumière sur la rue de la Barrière (dite aussi rue de l’église).

    
En effet, on observe sur la droite un espace dégagé entre la maison à haute cheminée (Le Coustumer en 1936) et la maison qui fait l’angle avec la rue conduisant à la Porterie (autrefois rue du Four). Sur cette « dent creuse », on bâtira la maison en pierres de taille visible sur le prochain document... mais, poursuivons notre enquête...
   
Rue de la Barrière (de l’Eglise), à droite en montant
   
Mme Dréan, « au Renouveau » ; bonneterie, layettes, lingerie, laines classiques et fantaisies ; laine et mercerie.
   
Joseph Le Coustumer, rue de l’Eglise ; spécialités d’andouilles, jambon fumé ; pâtés, salaisons, conserves ; livraison à domicile.
     
Joseph Daniel, marchand de porcs, rue de la Barrière ; café ; jeux de boules.
   
  
Cette image d’une fête religieuse bien postérieure (années 50), montre la maison ayant comblé le trou. Quelle en était l’activité en 1936 ? Probablement la boutique de Madame Dréan.
Suivent l’andouillerie Le Coustumer, connue après-guerre sous la marque « Triskel »…

   
… puis Joseph Daniel. Un espace difficilement repérable sur ce cliché était réservé aux toilettes (à l’époque, il s’agissait d’urinoirs). De là, on pouvait loucher sur les anciens remparts. Peut-être même faire un saut jusqu’à la poterne…
   
Continuons. Plus haut, on entrait dans le domaine de la famille Le Mouel : café, vins en gros, garage, dépôt de colis, etc.

Armand Le Mouel, négociant vins et spiritueux en gros ; grand vin du Castel, vieille souche guémenoise, boissons de toutes marques.

C Le Corre, brasseries pontivyennes ; bières, cidre, limonades, sodas ; « demandez partout La Meuse ses bières fines ! » dépositaire Le Mouel, Guémené.
   
Guillemot Jeune, transports déménagements à Pontivy ; service rapide Pontivy-Paris et vice-versa ; bureau de réception et de livraison des colis chez M Le Mouel, transports, à Guémené.
  
Sauf erreur, il s’agit de l’ancien garage Hyvert repris par Le Mouel qui deviendra plus tard établissement Le Boulch. Et on arrive au niveau de l’ancienne « Barrière » qui donna son nom à la rue (ultime maison, Bourrat dans les années 50).
Tout ceci apparaît plus clairement si on prend de la hauteur avec Cim.

   
Bien ! Nous cogitâmes si fort que nous avalâmes les pavés sans nous en rendre compte. Il serait peut-être temps de porter notre attention sur l’autre côté de la rue.
« D’ l’autr’ côté d’la rue, y a un’ fill’… » chantait Edith Piaf à peu près au même moment. Mais c’est du « Café Pointu » que je veux parler, même s’il ne se fend d’aucune annonce dans le programme.


Rue de la Barrière (de l’Eglise), à gauche en montant
    
Il boude au bout de l’enfilade des commerces et boutiques. On n’y joue pas encore de l’accordéon, ce sera pour plus tard quand la famille Hervé y prendra pied.


Cette photo plus tardive rend compte des annonceurs du programme. On reconnaîtra aussi le café Jaffredo, là où l’homme reprend sa bicyclette.
  
Mme veuve Le Juge, grand choix de légumes et primeurs, rue de la Barrière.
  
F Trébuil, mécanicien ; cycles ; location autos ; machines agricoles ; vaste salle de bal ; tél 29.
   
Louis Guégan, boulangerie, rue de la Barrière ; son, farine, brioche, braises ; pain ordinaire et de fantaisie ; livraison à domicile.*
   
Francis Le Tridiec, sellier bourrelier, rue de la Psalette : garniture de voiture, coussins en tous genres. **
  
Alfred Le Masson, charbons ; « Ménagères ! pour votre cuisine employez boulets Arvor 3 traits noirs ! votre chauffage employez boulets Arvor 3 traits bleus ! le plus économique. »***
  
Bière de Kerinou, siphons, limonades, dépositaire Alfred Le Masson, quincailler à Guémené.
     
Oui, Le Tridiec est donné rue de la Psalette mais le programme, même imprimé sur les presses d’Ouest-Eclair n’est pas exempt d’erreurs. Ou bien, notre homme a, entre temps, mis les bouts.
Mine de rien, nous avons passé la barrière et nous voici devant la boucherie Sivy. Celle-ci aussi a boudé le programme. Tant pis ! Nous allons faire un crochet pour nous rafraîchir à la Fontaine de la Fosse.

Crochet rue de la Fontaine
   

Veuve Strugeon et fils, saboterie mécanique, rue de la Fontaine ; sabots fantaisie.
  
Sympa, non, cette petite carte de voeux ! Peut-être pas de 1936, mais quand même. Les sabotiers ont la classe, et pas les pieds dans le même sabot.
On nous a bien dit que Colleter avait son atelier dans la rue du Stang mais nous renonçons à lui faire une petite visite de courtoisie. Ce serait, comme on dit à Guémené, un raccourci qui rallonge ! Peut-être au retour si nous ne nous perdons pas en route.

Emile Le Colleter, peinture et vitrerie.

O0O

3ème étape : le faux-plat mais pas sans boire
    
Rue de la Laine, côté droit en montant
       
Je ne sais pas vous, mais nous, on a vraiment envie de faire une pause. Et comment résister au fameux bistrot que les anciens avaient pour habitude de citer comme le café à Gegeais (Gegeais Gouallec était l’épouse de Guillaume Le Bourlais). Installons-nous en terrasse comme les zazous de l’époque lauréats d’un épique concours de boules (voir blog *). Une belle jeunesse qui n’engendrait pas la mélancolie. Pour ceux qui ne s’en souviennent pas, les patrons posent dans l’encadrement.
« Et pour nous ? Ben, un casse-croûte au pâté et une première bouteille de cidre bouché ! On est là pour un moment, on a à réviser nos fiches ! »


Guillaume Le Bourlais, charcuterie café, pâté du pays, rue de la Laine.
   
Mlle Maro, gérante, « tous à l’éco », rue de la Laine ; épicerie variée, vins à emporter.
   
H Le Saint, « épicerie parisienne », rue de la Laine ; poissons.
   
Guillemot-Pempoulo, chaussures sur mesure et confection, place des Halles ; socques et galoches, réparations soignées ; bonneteries et fourrures en tous genres.
   
C’est trop simple la rue de la Laine. Il ne manque que l’enseigne du couple Le Gal-Le Forestier, et la maison de Louisette Fressette, entre Le Bourlais et Maro. A remarquer que le marchand de chaussures se dit place des Halles, mais on est à Guémené et à chacun sa fantaisie.


Rue de la Laine, côté gauche en montant
   
En face, malgré tous nos efforts, nous n’arriverons pas à présenter la boutique des Demoiselles Le Gal, bien qu’elle soit unanimement connue et reconnue.
    
Mlles Le Gal, nouveautés confection, rue de la Laine ; soieries ; dentelles.
     
Mais si ! Mais si ! Pour les trouver il suffit de monter au ciel ! Et ça, l’éditeur Cim sait faire (voir plus avant, image garage Montmayeur).
   
Maison Le Roch, coiffure parfumerie, rue de la Laine.
   
Le Gal-Guillemot, bonneterie, confections, laines, rue de la Laine.
   
J’ajoute la boutique Mahouas bien qu’elle appartienne en vrai à la Grande Rue.
     

Ouf ! nous voici sur le replat. Sur la droite, le château devenu la Poste, auquel on accède par la rue du même nom ; ici se trouve le garage Montmayeur.

Charles Montmayeur, mécanique générale, automobiles, électricité, chauffage central ; toutes installations de force motrice ; automobiles Citroën ; travail à façon, soudure autogène ; tél 25 et 18.


Curiosité locale, deux garages séparés par un rempart : l’un au pied, Le Mouel, l’autre sur la plate-forme de tir, Montmayeur. Mais, rassurons-nous, les pétarades ne sont que des pots d’échappement qui s’expriment.

Place des Halles ou place Loth, rue Condé
      
Et voici devant nous, la place Loth, placée sous la haute garde d’un monument historique et emblématique du pays, le café de la Grille. Avant tout chose, nous l’allons honorer de notre visite en respectant le rituel, programme des festivités déplié sur nos genoux et en unique complément une triste petite carte postale.
    
Guillemot-Pempoulo, chaussures sur mesure et confection, place des Halles ; socques et galoches, réparations soignées ; bonneteries et fourrures en tous genres. Le transfuge de la rue de la Laine, déjà repéré.
   
Joseph Le Coustumer, café sabots, place Loth.
   
Eon-Le Tridiec, chaussures, place Loth ; confections, réparations ; maison de confiance.
   
Joseph Le Bourlot, sellerie bourrellerie, place Loth ; vente et location de bâches.
   

Fortune-Le Brun, vins et spiritueux en gros, place des Halles ; « Buvez tous son vin sélectionné : la cave St Roch ! »

Pierre Rio, grains graines ; pommes de terre, pommes à cidre ; futailles ; tél 2.

Le Sourd-Hyaric, grains et engrais, tél 3.


Sur la gauche, la première maison est la maison natale de Joseph Loth. Suivent la maison occupée par Le Bourlot, puis celle du cordonnier Eon-Le Tridiec et le café de la Grille, à peine distincts l’un et l’autre. En face, une confuse enseigne probable établissement de Pierre Rio. Impossible de repérer Fortune-Le Brun : nous nous passerons de la cuvée St Roch !


Encore une fois, jouons à l’alouette avec Cim.
    
Côté ouest de la place


Côté est
    

Lesourd est rue Condé, rue qui a perdu son faste d’antan datant de la période Rohan. Elle est purement et simplement snobée ignorée par des photographes ignorant qu’ici vit Théotise Hyaric qui portait si élégamment de somptueuses tenues pourlettes.
Voilà donc une affaire un peu bâclée ! Retour au café de la Grille d’où nous avons la perspective sur la Grand-Rue et la place Bisson.
Pour ceux qui s’étonneraient du silence de Dupompon, je dois confesser qu’il s’est endormi sur la table du bistrot, les bras repliés sous la tête. Rien à faire pour le réveiller. Je le laisse à la Grille aux bons soins du tôlier, en cellule de dégrisement ; il me rejoindra plus tard.

O0O

4ème étape : la remontée des pavés, de la place Loth à la mairie
   
Ici, nous sommes au coeur de la ville, pratiquement deux rangées continues de commerces et de boutiques. Mais, comme je l’ai dit antérieurement, l’épanouissement de la Grande Rue pour donner la place Bisson, fait qu’une partie de celle-ci disparaît de la perspective. Il nous faut donc appréhender chaque secteur l’un après l’autre et biaiser pour découvrir au moins partiellement la partie centrale.
Pour illustrer le propos, nous commencerons donc par le côté gauche en montant.

Rue Bisson ou Grande Rue, côté gauche en montant
      

Premier groupe de commerces :
     
Mahouas-Le Sourd, articles de voyage et de ménage, Grand’Rue ; jouets, ameublement, faïencerie d’art, terre de Quimper.
     
« Pour vos commandes, adressez-vous à la maison de confiance Limbour-Curet », Grand-Rue ; viandes de 1ère qualité, livraison à domicile.

Aucune surprise, rien que du connu. On remarque seulement que les Docks de l’Ouest n’ont pas passé d’annonce dans le programme.
Puis, un arrêt obligatoire, une institution guémenoise, l’Hôtel des Voyageurs. Plus tard, quand les voyageurs seront devenus des touristes, il deviendra Hôtel de Bretagne.


    
J Le Coguic,  Hôtel des Voyageurs, café billard, rue Bisson ; tél 6 ; salle pour noces et banquets ; cuisine et cave renommées ; chauffage central, eau courante, chaude et froide.
    
Pour le moment, l’ambiance est chaleureuse et on ne s’ennuie pas à la terrasse.
  
Suit une nouvelle série de commerces qui finit, grosso modo, à l’émergence de la place Bisson. Mais, je me répète, la fantaisie est de mise à Guémené et personne ne cherchera querelle à Coguic ou Nahénec s’ils disent habiter rue Bisson quand les voisins les encadrant s’affichent Grand-Rue ou Grand’Rue. D’ailleurs tout le monde ou presque raisonne ainsi. Relisez le livre de Paul Le Bourlais : quand il ne sait pas situer précisément un lieu, il nomme le résident du moment et l’affaire est jouée. La méthode se retrouve aussi dans les vieux bulletins municipaux ; par exemple, des travaux publics de voirie seront notés « entre chez Untel et Tel autre ». Presque un siècle plus tard, on en attrape la migraine…
  
Le Nahénec, « Epicerie Centrale », rue Bisson ; épicerie fine, faïence, vins à emporter.
   
Maison René Coron, « Café du Centre » ; tabac, cartes postales, journaux ; spécialité de Muscadet.
   
Emile Le Poher, boulangerie, rue Bisson ; sons, farines.
   
Veuve Monnier, tissus et nouveautés, Grande Rue ; spécialité de costumes bretons.
   
Mlle Bruel, quincaillerie, articles de ménage, Grand-Rue.
   
J Pérès, horlogerie, bijouterie, lunetterie, Grand’Rue ; réparations soignées, prix défiant toute concurrence.
  

Sans commentaire. Ici c’est clair et net.
Nous arrivons dans le coude, pratiquement en face de la rue de la Carrière (rue Brénot). Alors certains se font tirer le portrait le photographe en profitant du recul.


Veuve Monnier, tissus et nouveautés, Grande Rue ; spécialité de costumes bretons.


J Pérès, horlogerie, bijouterie, lunetterie, Grand’Rue ; réparations soignées, prix défiant toute concurrence.
  
En voilà assez pour le côté gauche, reprenons à droite après une petite visite amicale à Dupompon qui roupille toujours.
Pas très facile ce côté car la perspective tasse les choses et, de plus, la lumière réchauffe plutôt le trottoir d’en face.


Rue Bisson, Grande Rue côté droit en montant
    
André Le Coguic, grains, engrais, sons ; pommes de terre, pommes à cidre ; téléphone1.
"Cultivateurs, entrepreneurs de travaux publics, pour vos cylindrages de chemins ruraux, adressez-vous à André Le Coguic."

M Le Polotec, « à l’économique », Grand’ Rue ; alimentation, épicerie générale, vins et spiritueux ; mercerie ; articles de ménage.
   

Nous retrouvons nos annonceurs présents sur ce cliché. André Le Coguic, négociant, et par ailleurs premier adjoint au maire, occupe la première maison de la Grande Rue. On reconnaît plus haut, semble-t-il, la quincaillerie Caurel, juste avant Le Polotec, gérant de « l’économique ». Le magasin suivant n’est pas identifiable. Mais l’est la maison basse, boutique du photographe Le Lamer, comme le confirme la carte postale à venir où l’on peut lire plus aisément le panneau Kodak.
   

Nous ne découvrons rien de plus avant la rue de la Carrière et nous allons faire un grand bond en avant pour aborder la place Bisson.


Place Bisson, côté droit en montant 14
   
Premier immeuble datant du début du siècle après destruction d’une ancienne maison typique (voir blog *) : le « Modern Bazar ». Puis j’adopte une numérotation fictive à double couleur pour faciliter le repérage : bleu identifié, cyan pas encore identifié.


Maison Louisette Robert, Modern Bazar, sur la place, grande vente réclame, rideaux dentelles écharpes, articles de bazar, qualités au meilleurs prix. 1
   
Mlle Thierry, café Bisson, tabacs ; intérieur ancien. 3
    
J Mahé, horlogerie bijouterie, orfèvrerie, lunetterie, place Bisson ; grands choix pour mariages ; montres de précision ; pendules, réveils, etc. ; réparations en tous genres soignées et garanties ; prix modérés. 5
  
De ce côté aussi, une maison photographiée bien isolée : gros plan sur la maison natale d’Hippolyte Bisson. 3
   

La suite est plus confuse et, pour préciser les choses, nous devons présenter une vue en perspective inverse où les numéros attribués trouvent leur sens.
  

Guy Le Halpert : « achetez vos médicaments, accessoires, bandages, produits vétérinaires, etc., et la parfumerie ; faites faire vos analyses, ordonnances à la « Pharmacie Bisson » ; 2


Maison Le Cunff-Allanic, place Bisson ; entreprise de menuiserie (charpente et escaliers) ; diplôme de 1ère médaille d’or exposition du travail Lorient 1936 ; meubles en tous genres, literie. 4
    
J Février fils, tailleur, place Bisson ; vêtements sur mesures en tous genres ; confection, chemiserie, chapellerie, imperméables, manteaux, tailleurs, robes sur mesure. 7
   
Et l’on termine avec l’enseigne du Cheval Blanc qui ne figure pas sur le programme.
Remarque : la carte postale précédente révèle une pharmacie, probablement Le Halpert, à une étape particulière d’un jeu compliqué de chaises musicales.
Pour placer la pharmacie Eugène Raude qui figure parmi les annonceurs, nous ferons appel aux images de la Libération en août 44, somme toute pas si lointaines.

Pharmacie Raude, place Bisson ; analyses chimiques, bactériologiques, médicales et industrielles ; accessoires de pharmacie, bas à varices, bandages ; produits vétérinaires ; tél 9. 12

Place Bisson, côté gauche en montant
    
Regagnons au plus vite le Bazar pour reprendre en face. Ce côté est le plus mal traité par les photographes, aussi bien dans les prises de vue du bas vers le haut, « de Curet au monument aux morts », que dans la perspective inverse. Nous ferons de nouveau appel à une numérotation fictive pour décrire au mieux, le 10 indiquant la bijouterie Pérès.


Morice-Hellec, ameublement, literie, place Bisson ; meubles bretons ; voitures d’enfants ; spécialité de filets brodés. 11
   
J Le Fur, charcutier, place Bisson : charcuterie guémenoise ; saucisses, saucissons, pâtés, lard cru et fumé, conserves ; spécialités d’andouilles de Guémené, jambon blanc et fumé ; expédition sur commandes.
  
Ce pourrait être la maison 12 qui sera connue plus tard comme la charcuterie Yvette Guillemot.

Ploteau frères, mercerie, bonneterie, laines, à Lorient ; dépositaire des fils à la Travailleuse et à l’Angélus ;

On accédait à ce dépôt par le couloir dépendant de la maison 13 succursale « Union des Docks » comme le montre la photo suivante datant de 1939 ; succursale qui disparaitra pendant la guerre. Radio électricité Bellec sur la carte précédente. Aujourd’hui Les Sabots Rouges.



De nouveau un coude difficilement exploitable avant de reconnaître sans ambiguïté :


Mme veuve F Mahé, tissus nouveautés, place Bisson ; spécialité de velours et tabliers brodés.
   
Demeure un annonceur non situé :
    
Alfred Bourrat, peinture et vitrerie, papiers peints, place Bisson ; « travaux soignés. »
    
Et la valse des pharmacies puisque on en retrouve une à la place de la veuve F Mahé sur une autre carte due à Le Lamer. S’agit-il d’une installation provisoire de Le Halpert en attendant d’investir la maison natale de Bisson ?


Nous serons plus heureux avec Queudet qui se contente de ravaler sa façade à mesure que ses activités se diversifient : épicerie charcuterie, etc…
  
François Queudet, charcuterie et salaisons, place Bisson ; spécialité d’andouilles, saucisses, saucissons, pâtés fins, jambon ; expéditions sur commandes ; livraisons à domicile.
   
Joseph Gardien, atelier de sculpture, fabriques de meubles bretons, rue de Kervers à Pontivy ; voir quelques modèles chez Queudet, place Bisson.
   
V Quémar et H Guerber, Le Monde, compagnie d’assurances contre l’incendie, à Lorient ; Francis Queudet, agent à Guémené.
   

Aspect de la façade en 1946 (manifestation sur la place Bisson, près du monument aux morts).
  

O0O

5ème étape : la rue de la mairie et la rue Neuve
  
Rue de la Mairie
   
Le visiteur qui franchit la rue du Stang a quelque peine à comprendre qu’il quitte la place Bisson pour la rue de la Mairie. Moi j’ai plus de chance puisque c’est ici que je récupère mon acolyte Dupompon, à la fois dégrisé et essoufflé d’avoir grimpé la côte. Les vitrines décorées, les banderoles et les lampions, il en serait presque saturé. Mais comment ne pas succomber à la tentation devant l’annonce du pâtissier ?


Vincent Donias, boulangerie, épicerie, pâtisserie, rue de la Mairie ; pains de fantaisie, brioches et gâteaux bretons.

Veuve Donias, spécialité de gâteaux bretons, rue de la Mairie ; galettes pourlettes, marque déposée.

Et passés le coude et le chapelier Toussaint Le Carff, on remet le couvert. Cette fois, c’est René Le Guilly qui régale.

René Le Guilly, boulangerie, gâteaux bretons brioches, spécialité de pain de seigle, rue de la Mairie.

Tout à côté, on a pitié de nos pieds. René Le Hyaric propose ses socques en tout genre pour apaiser le feu de nos ampoules. Oui mais, dit son beau-frère de voisin, « c’est moi le roi du sport »…

René Le Hyaric, fabrique de socques et semelles en tous genres, rue de la Mairie.
« Oui, mais… une paire de Chaussures Chic s’achète chez… » Le Cunf-Hyaric, mesures, confections, réparations ; maison des sportifs.

Cette maison est en fait la première de la rue Neuve (actuelle rue Emile Mazé).


Rue Neuve

Nous finissons la course en soulevant des gerbes d’étincelles sous la maillette de nos souliers, comme les gars de Locminé. Sans un regard pour la maison à pans de bois du XVème siècle, nous attaquons la rue Neuve à toute pompe. Haletants, aspirés par une nouvelle odeur de boulange, nous sprintons en passant devant la vitrine de chez Vaillant-Guégan.
    
Vaillant-Guégan, boulangerie épicerie, vaisselles, rue Neuve.
  


Le grand Félix Le Guernével n’a pas eu le temps de nous interpeller ou de nous tirer le portrait. Tant pis, nous n’aurons pas notre agrandissement chic ni le tablier de noce qui siérait si bien à ma soeur.
  
Tissus, Nouveautés, Confections, Costumes bretons, Tabliers brodés, Lingerie ; Photographie, Agrandissements ; « Pour avoir… un costume breton, un tablier de noce, une belle photographie, un agrandissement chic, s’adresser à Félix Le Guernével ! admirez ses vitrines ! » tel 40.
   
Comme les cordonniers sont les plus mal chaussés, la maison du photographe est la moins photographiée. Sauf quand y passe une bande de conscrits pressés et qui masquent les vitrines.


Note : Le dahlia n’exprime aucun langage particulier, pas plus que l’abeille qui butine ; ils jouent un rôle de cache-misère suite à un accident irréparable de la carte.
Nous poursuivons notre course folle sans un regard pour Le Nouveau.

A Le Nouveau, charcuterie, rue Neuve ; saucisses, saucissons, pâtés, salaisons de Bretagne, spécialités d’andouilles, jambons, beurres et oeufs, conserves, livraison à domicile.


Pas remarqués non plus ni le charcutier Guillemot ni l’électricien.
  
Guillemot, charcuterie, rue Neuve. Illustration manquante.
  
Laurent Mocaer, installations électriques, rue Neuve ; réparations. Illustration manquante.
  
Nous ne nous arrêterons qu’à l’auberge des Trois Marchands. Ils ne sont pas dans le programme mais on les connaît de réputation. Qu’on se le dise : nous nous offrons en terrasse une andouille purée chaude maison arrosée du meilleur cidre, comme un défi aux menus diététiques servis en face, à l’hôpital.
Nous n’irons pas plus loin, là-dessus nous sommes bien d’accord. Laissons l’hôpital aux malades et St Gilles à la Toussaint.


O0O

6ème étape : périphérie

C’est à regret que nous prenons l’allée des Soupirs mais nous nous devons de remplir notre mission. Pardonnez-nous ! Nous n’avions pas d’appareil photo et les éditeurs de cartes postales ne s’intéressaient pas ou peu aux derniers quartiers que nous allons mentionnés.
Allez, un petit tour par la route de Pontivy. Voici le garage annoncé, juste au pied de Mané Pichot qui attend sa consécration (c’est écrit dans le programme).
  
M Baraillec, automobiles, motos, garages ; moteurs industriels et agricoles ; vente, échange, réparations ; équipements électriques, recharge d’accus, stock de pneus, entretien, dépannage ; mécanique générale, soudure autogène ; tél 41 ;
  
Et le marchand de vélos…
  
Chez Joseph Thomas, route de Pontivy ; « Cyclistes ! Avant tout achat, une visite s’impose ! »
  
Et l’entrepreneur…
  
Alfred Rogueda, entrepreneur, tél 15 ; matériaux de construction : chaux, ciment, briques, tuiles, buses de toutes dimensions.
  
Une petite plongée dans la baladouf vers le marché aux cochons…
  
F Le Pévélen, menuiserie charpente, place du Marché aux Porcs.
  
Mme veuve Le Cam, tricots sur mesure ; laines en tous genres.
  
Pierre Le Bihan, entreprise générale (successeur d’Alfred Rogueda).
  
Où se tiennent-ils ceux-là ? Pas d’illustration évidente sauf peut-être la maison de Mme Le Cam, repérée depuis le ciel.


Et, au débouché sur la place Bisson.
  
Le Tadic, boucherie ; viande de première qualité ; livraison à domicile ;
  
Flûte ! Nous avons manqué la grande maison du docteur sur la place. Il est vrai qu’il ne figure pas parmi les annonceurs.
Nous voici redescendus pour une incursion dans la rue de la Carrière. Une pâtisserie : Quermelin a manqué l’annonce.


Mais pas la veuve Tromer.
  
Madame veuve Louis Tromer, vins et spiritueux, rue de la Carrière, tél 8.
  
Ni les frères Le Masson, bien placés dans l’équipement agricole du pays.
  
Le Masson frères, mécaniciens, tracteurs, moteurs, batteuses ; toutes les machines agricoles, tout pour les champs, tout pour la ferme.
  


L’hôtel restaurant de la Pomme d’Or, quant à lui, sommeille profondément. Il rouvrira bientôt ses portes pour accueillir les réfugiés Espagnols républicains. Plus tard, après les bombardements de 1943, il abritera le lycée de Lorient déplacé à Guémené.
Pour le quart d’heure, il nous reçoit sans cérémonie. « Entrez, les p’tits gars ! Posez vos sacs de couchage dans la cour et bonne nuit ! » Nous sommes rendus, fourbus. Tant pis pour Colleter

O0O

Ainsi finit notre inspection de la mise en scène du grand spectacle de la Gorsedd qui éblouira la Bretagne du 25 au 28 juillet 1936. Nous avions, pourrait-on dire en toute modestie, participé à une manière de répétition générale.
  
Un regret, ne pas avoir situé les annonceurs qui suivent, Guémenois, du canton, ou régionaux :
  
F Hyvair, garage Agence Renault, location cars et taxis, transports Guémené Lorient Pontivy, tél 4 ;
  
Queréc-Roussel, transports ; service Guémené Pontivy, Le Faouët Lorient ;
  
Hôtel Le Bray, à St Caradec-Trégomel ; chambres, salle de banquets ;

Le Coguic, boucherie charcuterie, à Ploërdut ; transport de bestiaux ;

Le Fur frères, menuiserie, ébénisterie, Le Croisty ; travaux de bâtiments ; peinture, vitrerie ; outillage ;
  
Mompas Joseph, matériaux de construction, à Lignol ;
  
Louis Mahé, produits du sol, gare de Lignol ; spécialité de cidre ;

Forner, scierie mécanique, parqueterie, à Inguiniel ;

Yves Le Calvé, grains, engrais, transports, à Grascoat en Séglien ;

Louis Quéméner, charcutier, à Kernascléden ; spécialité d’andouilles de Guémené ;

Ferme du Launay, tél 1 à Ploërdut ; « lait contrôlé, pureté garantie, spécialité de Petits Suisses, tous produits de la ferme ;

Lucas frères, entreprise générale de bâtiments, Guémené-Le Croisty ; travaux sur plans et croquis ; spécialité de monuments funéraires, gravures et sculptures en tous genres ; caveaux, mosaïques, croix de fer, fonte, grilles ; travail soigné et garanti ;
  
Guillaume Le Marrec, boucherie charcuterie, à Locmalo ;

J Le Bail, entrepreneur de transports, service automobile, à Langoëlan ;
  
M Le Clainche, V8 Matford, à Pontivy ;

Etablissements Kolorian, à Lorient ; « la main qui peint économise ! »
  
Etablissements P Fontaine, à Lorient ; « tant vaut l’huile, tant vaut le moteur ! exigez l’huile Onctuor ! »
   


O0O



Cet épisode n’aurait pû être mené à bien sans les éclairages avisés de 
Mme Faignot, de Janine et Nicole Le Guénnec, et de Jojo Rouillé. 
Un grand merci à tous