12/07/2011





LA SÉPARATION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT
et
l'inventaire des biens de l'Eglise
à Guémené et ses environs
1906
 

  La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de  1905  prévoit un inventaire des biens mobiliers et immobiliers des établissements publics du culte avant que soit confiée aux associations cultuelles la partie des ces biens nécessaire au culte.

  Si le vote de la loi contribue à apaiser les esprits, elle est cependant violemment critiquée par le Pape Pie X s'opposant au principe de la loi, se sentant spolié, condamnant la rupture unilatérale du concordat ; il refuse catégoriquement la mise en place des associations cultuelles qui ne respectent pas l’organisation hiérarchique canonique catholique avec les fonctions ministérielles respectives de l’évêque et du curé. La droite catholique française s'y oppose violemment. 

  L’épisode des inventaires est un épisode douloureux plaçant  la France au bord de la guerre civile. Elle entraîne la résistance de Rome, qui interdit aux catholiques de l'accepter et condamne une loi mettant fin de façon unilatérale au concordat. En réalité, du fait du refus de la création des associations cultuelles, les frais de réparation très coûteux des édifices religieux (cathédrales, églises...) préexistants à la loi de 1905 restent à la charge de l'État et des communes, ce qui rend le bilan financier finalement moins négatif pour l'Église catholique mais ceci ne sera visible que bien plus tard. D'autre part, les ministres du culte et en particulier les évêques gagnent en indépendance, n'étant plus ni salariés ni logés par l'État.

  Ces inventaires des biens de l'Église suscitent des résistances dans les régions traditionalistes et catholiques telle la Bretagne. Des manifestations s'y opposent, lorsqu'une circulaire de février 1906 stipule que "les agents chargés de l’inventaire demanderont l'ouverture des tabernacles" , suscitant l'émotion des catholiques.
  Finalement, Clémenceau l'anticlérical, ministre de l'intérieur, jouera  l'apaisement, mettant fin à cette querelle en invitant les préfets à suspendre les opérations d'inventaire dans le cas où elles doivent se faire par la force alors qu'il ne reste plus que 5000 sanctuaires, sur 68000, à inventorier.

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A Guémené et ses environs les Inventaires des biens de l'Eglise ne se font pas sans heurts.
Si en Guémené cela ne se passe pas trop mal, l'accueil des communes environnantes est beaucoup plus froid. Jugez par vous-même.
Ces articles proviennent du Courrier de Pontivy (mars 1906), journal clérical, il faut quand même le noter.



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